La peur du jugement de l’autre est clairement l’une des première peur de la prise de parole. En prenant la parole on peut se sentir exposé, vulnérable à la critique. Etre sur le devant de la scène, en lumière ça peut faire peur.
Pourquoi avons-nous peur du jugement des autres?
Le jugement n’a que le pouvoir qu’on lui donne
1- Souvent on se sent jugé… alors que ce n’est pas le cas
Quand on a peur du jugement, on peut très vite interpréter certaines réactions comme un jugement alors qu’en réalité cela ne reste que notre interprétation.
J’ai le souvenir de cette masterclass en prise de parole. La personne me dit qu’elle a peur du jugement, elle est face à un public. Je lui pose cette question clé: “Là tout de suite, est-ce que tu as l’impression d’être jugée et par qui”.
Elle me désigne une dame: “Peut être cette dame là-bas? Elle a froncé les sourcils au milieu de mon intervention”
“Madame, est-ce que c’est effectivement le cas?”
“Non, pas du tout! Je suis en train de penser au fait que je n’ai pas pris mes billets de train pour Bordeaux!”
Conclusion: La réalité est que vous n’êtes pas dans la tête des personnes, vous pouvez avoir la sensation qu’elles vous jugent sans que cela soit une réalité.
2- Ne rien prendre personnellement
Dans mon activité de formatrice cela peut m’arriver d’avoir en face de moi des personnes confrontantes, rebelles voire même en résistance. Il a pu aussi m’arriver que l’on remette directement en cause ma légitimité.
Il y a un conseil clé que je vais vous donner. Ne rien prendre personnellement.
Lorsque vous animez une réunion, une conférence, un séminaire, une formation… Les personnes vivent leur expérience unique, singulière. Elles peuvent passer par différentes phases.
Dans ce cas, je prends de la hauteur, je prends une position méta.
Par exemple, si une personne est en résistance, ok “De quoi a-t-elle besoin? Quel est son point de vu?”.
Ca n’est plus une attaque personnelle, cela devient quelque chose qui s’exprime simplement au sein du cadre. Et c’est précisément ce qui permet souvent des déblocages puissants.
3 - Le jugement de l’autre n’est pas une vérité sur soi
La peur du jugement est souvent présentée comme la peur du regard des autres.
Comme si le problème était dehors : dans la salle, dans le regard du client, dans l’opinion d’un collègue, dans les commentaires sur un post.
Sauf que cette lecture est très incomplète. Des personnes qui jugent il peut y en avoir bien sûr.
Mais le véritable problème est de faire de son jugement une vérité sur soi. Un jugement n’est qu’une perception, qui peut être biaisée, conditionnée par le contexte, ses filtres, son expérience ect. Une opinion n’est pas une vérité générale.
Le vrai problème est lorsque l’on considère cette opinion comme une validation de notre valeur
“Je savais que je n’étais pas assez”
“Donc je suis illégitime
“Donc je suis trop.”
Autrement dit, lorsque le regard extérieur réveille un doute à l’intérieur. La vraie problématique interne n’est donc plus celle du jugement. Elle est celle de reprendre la responsabilité de sa valeur.
Tant que vous croyez — même inconsciemment — que l’autre détient une vérité sur vous, vous lui donnez une place qui ne lui appartient pas.
La question n’est donc pas : “Comment faire pour ne pas être jugé ?” (impossible)
La vraie question est :
“Pourquoi est-ce que je crois que son jugement définit qui je suis ?”
4- Vous réapproprier votre valeur
Plutôt que de vous fier à la vérité de l’autre, il s’agit d’un retour à vous, à votre vérité intérieure. Il s’agit d’apprendre à se rencontrer, à se reconnaitre vraiment dans sa valeur, dans son spectre.
Lorsque vous devenez clair sur:
Qui vous êtes.
Ce que vous valez.
Vos valeurs et vos besoins
Vos limites,
le regard extérieur perd sa capacité à vous définir.
Quand j’assume mes failles, mes erreurs, mes zones d’ombre, l’autre n’a plus de prise.
Il peut avoir un avis. Mais son avis lui appartient et ne me déstabilise plus dans ma valeur.
Vous redevenez votre propre source de validation