Au sein des entreprises, on entend souvent parler du management par les émotions. On retrouve largement aujourd'hui les notions d'intelligence émotionnelle et de QE. Mais nos sociétés occidentales ont beaucoup moins démocratisées la notion d'intelligence corporelle lorsqu'on parle de leadership.
Grâce aux découvertes de la médecine et des neurosciences, nous avons aujourd'hui une vision beaucoup plus holistique et globale de l'être humain avec de nombreuses interactions corps-pensée.
De la « psyché » aux neurosciences
Nous sommes les héritiers d'une longue tradition qui a privilégié l'intellectuel à la dimension corporelle.
Déjà sous la Grèce Antique, la "psyché" était comme le lieu de reconnaissance de l'"identité" du sujet. Par la suite, une certaine vision du christianisme a longtemps considérée le corps comme un obstacle à l'élévation de l'âme.
Pour Descartes, il existe une dualité entre le corps et l'esprit: l'âme est immatérielle, indivisible, étendue. Tandis que le corps est matériel, et divisible.
Ce n'est qu'à partir du XXème siècle que les découvertes en médecine et neurosciences ont permis de mettre en lumière les liens étroits qu'entretiennent le corps et l'esprit.
Antonio Damasio, médecin, professeur de neurologie, neurosciences et psychologie a notamment participé à cette révolution scientifique.
Le lien corps/ émotions
Pour la programmation neuro-linguistique, trois dimensions conditionnent nos états internes (nos émotions) : notre pensée, notre attitude corporelle et notre environnement.
Le corps n'est donc pas déconnecté des émotions que nous ressentons. On peut associer une émotion à une attitude corporelle précise. Ce qui en fait un puissant vecteur et levier d'action pour apprendre à mieux comprendre et gérer nos émotions.
Si l'on connaît par exemple l'élément déclencheur corporel de l'émotion – c'est-à-dire la manière dont notre émotion commence – il devient aussi beaucoup plus simple de la reproduire. Ce faisant on suggère à notre esprit, un certain état émotionnel interne.
L'endroit et la profondeur de notre respiration, l'orientation du regard, les expressions faciales ou encore l'ouverture posturale sont autant d'éléments qui conditionnent et définissent nos états émotionnels.
Les deux énergies clés pour un leadership incarné
Des disciplines telles que les arts martiaux ou encore des techniques corporelles (technique Alexander ou encore feldenkrais) nous enseignent que le corps participe activement à un leadership incarné au travers de deux énergies fondamentales:
L'ancrage corporel et la canalisation: la capacité à être corporellement organisé et ancré se traduit tant par un travail postural que la structure de la gestuelle ou encore par la stabilité du regard. Il s'agit ici de lâcher une certaine idée de l'efficacité pour se concentrer avant tout sur l'efficience du corps.
L'énergie qui permet d'engager et de motiver autour d'une même cause, de rallier des collaborateurs autour d'une vision commune. Cette énergie provient aussi et surtout d'un véritable et authentique engagement corporel et émotionnel.
Je compare souvent la prise de parole, et de manière générale le leadership, à un faisceau lumineux. Car il n'arrive à pleine puissance que lorsqu'il renvoie une énergie parfaitement maîtrisée et canalisée.